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La Seigneurie de Tromenec

Notice sur la Seigneurie de TROMENEC en Landéda
  • Le nom de Tromenec trouve sa signification dans : TRO, le tour, le tournant  et MENEC : pierre, pierreux. Le manoir se trouvait près de l’ancienne route de Lannilis à l’Aberwrach en Landéda, dans le val descendant vers l’aber. Le manoir attesté en 1841 déjà en ruine disparut au 19ème .Il reste la chapelle dite de  saint Laurent autrefois connue sous le nom de PENFEUTEN et le potager avec son enceinte.   Fréminville écrivait en 1832 à propos de « l’ancien manoir aujourd’hui en ruines : C’est un édifice du 15ème siècle qui avait une cour fortifiée avec un portail défendu par une tour ». Plus récemment Le Guennec ajoute : L’hiver ce manoir devait baigner littéralement dans l’eau du ruisseau ou trempe encore un peu plus bas une tourelle à meurtrière démantelée. Un colombier coiffé de verdure se dresse à coté dans le courtil (jardin) encore visible. La chapelle maintenant restaurée abrite le gisant de Guillaume SYMON, seigneur de Tromenec  et celui de François de KERMAVAN tué par lui en duel en 1600. 
  • Les premiers seigneurs de Tromenec dont nous retrouvons la trace sont successivement   Jean 1er  Le BARBU portant blason d’or au sautoir alésé et tréflé d’azur, époux de Constance de Penhoët Dame du Quillou. Il fut l’envoyé en 1360 du Duc Jean IV auprès de Charles de Blois. Il eut 5 enfants : Henri, abbé de Bonrepos et de Prières, évêque de Vannes puis de Nantes, chancelier du duc de Bretagne  de 1391 à 1398 ; Guy évêque du Léon de 1385 à 1410, Jehan  II écuyer en 1360 du Duc de Bretagne, époux en 1365 de Constance de PENMARCH en Saint Frégan, seigneur de Tromenec et sieur de Tenan le Barbu, chevalier et chambellan du Duc. Il décéda le 5 Août 1411 à Paris et fut inhumé aux cordeliers de Quimper; Adelice abbesse de la Joie dès 1391 et Jehanne qui épousa Hervé de KEROUARTZ. 
  • Yves ou Yvon le BARBU, fils de Jehan II, Seigneur de Tromenec né vers 1370 et mort à Landéda vers 1426 ou 36 fut ambassadeur à Rome de 1423 à 1426 du Duc de Bretagne Jean V. Il épousa en 1400 Marguerite de KERASQUER (1375-1428). Nous connaissons 4 enfants : Constance qui épousa Jehan II de KEROUZERE, Jehane qui épousa Henri II du JUCH, Guy prévôt d’Albi et Adelice Dame héritière de Tromenec qui épousa Guillaume SYMON.
Les Le BARBU étaient une famille de grande noblesse dès le 13ème siècle et de grande éducation, proches serviteurs des Duc de Bretagne. 
  • Adelice le BARBU, Dame héritière de Tromenec (1400-1450) épousa en 1436 Guillaume SYMON (1416-    ) Seigneur de Kergourlarn portant blason de sable au lion  d’argent armé et hautpassé de gueulles dont la devise était « c’est mon plaisir ». Yvon SYMON archer à la montre.
  • Leur fils Maurice SYMON Seigneur de Tromenec naquit en 1441 ; Il épousa en 1459 à Plouvien Marguerite Le MOYNE. Il décéda en 1507. Elle est probablement avec son fils, un des mécènes qui ay coté de Tanguy du CHATEL participa à la construction de Notre Dame des Anges et dont l’enfeu latéral droit aux armes des SYMON (un lion au 1er et 4ème        ) porte témoignage.
  • Guillaume SIMON naquit  vers 1460, épousa  en 1489 également à Plouvien, Isabelle de KERMENOU en Porspoder. Leur fils Maurice SYMON né en 1495 épousa en 1521 Françoise de KERRET (1495- ?) Dame de la Palue , héritage de sa grand-mère Jeanne de la Palue.
  • François SYMON  Seigneur de Tromenec naquit en 1521. Il épousa sans doute en 1544 Marie  de BREZAL puis en second mariage en 1553 Marie du BEAUDIEZ, Dame douairière de Lestourdic dont il eut plusieurs enfants, Morice Seigneur de la Palue (1560-1607) et Françoise née en 1565 Dame de Kergroas, fils et fille de Marie du BEAUDIEZ. Elle épousa en 1591 Yves de GOUZILLON procureur général en Guesnou.
  • Son fils Guillaume SYMON né de la première union (1545-1603) Seigneur de Tromenec fut ligueur, guerroyant pour son compte et surnommé le prodige. A ce titre il ravagea et attaqua les terres de l’évèque de Léon, Monseigneur Rolland de Neuville qui fit appel à son protecteur François Maillé, Juveigneur de Kermavan. Celui-ci sur de son habilité d’escrimeur provoqua en duel le Sieur de Tromenec. Guillaume SYMON plus expérimenté tua son adversaire et continua ses exactions. Excommunié, il obtint son pardon en érigeant un monument dans sa chapelle.
  • Son fils François, né en 1575 du second mariage de Guillaume SYMON en 1572 avec Jehanne de Kergadiou , épousa  Marie de KERGOURIOU dont il eut 2 filles : Jacquette (1578- ?) et Moricette.
  • Moricette SYMON (1600- 1629) dame de Tromenec, épousa en 1619 Jean de KERGORLAY (1593-1650) seigneur de Kersalaun en Plouvien, capitaine d’une Cie de garde cotes. Ils eurent 3 garçons, l’ainé Louis 1620-1625), puis Jean Seigneur se Kersalaun, enfin Claude Seigneur de Tromenec (1629-1666).
  • Claude de KERGORLAY baptisé à Guingamp se marria une première fois en 1652 avec Marie Claude de KERGOET (1635-1656) et eut deux filles : Marie (1653- ?) et Gabrielle 1655- 1858 ou 63). Il se remaria en 1657 avec Françoise NOUEL de LISLE et eurent 7 enfants : Bernard  Seigneur de Tromence, Marie Elisabeth (1660-1716) qui sera supérieure du couvent des ursulines de Lesneven, yves joseph, Raymond (1663-1739) Lieutenant de vaisseau puis Lieutenant Général  de la capitainerie de l’Aberwrac’h, Thomasse, Françoise  et Claude.
  • Bernard de KERGORLAY (1658-1722) est né à Landéda. Il épouse en 1682 Renée Françoise du MESCAM. et eurent 3 enfants dont René François qui épouse en 1713 Michelle le VEYER,
  • et Marie Anne née en 1694 qui épouse la même année que son frère, Philippe François Du TREVOU sieur de Kertanguy né en 1683 à Ploubezre (Lannion), dans la chapelle familiale de Tromenec mais plus probalement suivant d’autres sources en 1725 à Morlaix. C’était pour lui un second mariage. Il résidait vraisemblablement à Lanmeur au mamoir de Helles ou du Bodonn, lieu de naissance de ses enfants.
  • Marie Gabrielle Du TREVOU née en 1726, fille des précédents épousa en 1743 dans la chapelle de Tromenec, Yves le BIHANNIC escuyer, seigneur de Guiquemeau et Kernec’h en Plouguerneau au blason de gueules à 2 dauphins affrontés d’or. Alors agé de 71 ans, il assista à la benediction des deux cloches de Lannilis le 14 janvier 1790.  Il fut arrêté comme suspect en 1793 avec sa femme et son 4ème fils (Levot, brest IV 132) à Landéda.
Ils eurent 3 garçons, l’aîné Anne Claude chevalier de Guiquermeau né à Tromenec le 28 Juin 1750 est élève de port en 1774 et fera une carrière dans le marine royale avec en 78 le grade lieutenant de frégate puis lieutenant de port en 86. Emigré, c’est lui que l’on retrouve sur la liste des fusillés et exécuté le 3 Août 1795 à Quiberon après la défaite de l’armée des émigrés. Il avait épousé en 91 Thérèse Basile Le MAIGNANT de Kerangat.
  • Le second François Marie, chevalier de Tromenec né également à Landéda en 1751, fut  la même année que son frère élève de port puis officier bleu de 75 à 78, lieutenant de frégate  ou officier auxiliaire en 78 enfin  lieutenant de port en 86.
  • Le puîné Claude Marie Thomas, né en1759 sera garde de la marine en 78, garde de pavillon en 79, enseigne de vaisseau en 81 et lieutenant de vaisseau en 86.  Dans un document du Centre de Recherche d’Histoire et de Philologie  de la 4ème  section de l’école pratique des hautes études le professeur Jacques AMANS publia un article sur les officiers bleus de la marine française au 18ème siècle. Il écrit à propos des frères BIHANNIC : « ayant commencé par servir comme volontaire dans la marine royale, les 2 ainés Anne Claude chevalier de Guiquermeau et François Marie chevalier de Tromenec, anciens officiers bleus, entrèrent au service des ports dont ils devinrent lieutenant en 1786 et 1785. Le puîné Claude Marie Thomas fut admis…… ». Le corps des officiers était composé des officiers rouges, ceux du grand corps, officiers à bord des vaisseaux, et les officiers bleus, officiers auxiliaires, issus de la marine de commerce de la course de la maistrance, appelé en complément au grand corps.
  • On retrouve au collège royal de la marine d’Angoulême un Edouard François Marie Le BIHANNIC de TROMENEC admis en 1819 au grade d’élève de 2ème classe, ainsi qu’un Charles Marie Le BIHANNIC de TROMENEC de la promotion 1824 du même collège dirigé vers la compagnie d’application de Brest. Tous deux probables descendants de nos 3 frères BIHANNIC ou encore directement de François Marie identifié ci-dessous.. Encore, un certain Georges Louis Gabriel Le BIHANNIC de TROMENEC est répertorié dans les annales de la marine. Né en 1834, il entre dans la marine en 1852, est aspirant de 2ème clase en 54, de 1ere classe en 56 toujours au port de Brest, puis E.V. en 58 et LV. Chevalier de la Légion d’Honneur en 66 il a quitté la marine en 1879.
  • Egalement on retrouve au début du 19ème, un François Marie Le BIHANNIC de TROMENEC, époux  de Marie Anne Jacquette HUON de KERMADEC et maire de Landéda de 1818 à 1828. Est-ce le même que celui de 1750 ou plutôt un descendant des frères BIHANNIC du 18ème ? Il eut 2 enfants Charles né en 1807 et Hortense née à Brest en 1815.
  • Charles Le BIHANNIC de TROMENEC, lui succédera de 1828 à 1831 à la mairie de Landéda. Probablement légitimiste, il ne fut pas réélu en 31 après l’accession de Louis-Philippe comme roi des Français. Charles épousa en 1828 à Quimper, Amélie Prudence de BLOIS.
  • Le manoir de Tromenec désormais ruiné à cette époque disparaitra peu à peu. Le nom restera à travers les descendants de cette famille. Charles comte de TROMENEC et Amélie s’installèrent à Ergué Armel dans une propriété provenant du coté BLOIS.     
  • Sa sœur Hortense Marie née en 1815 à Brest épousa François Marie de BERGEVIN officier de marine. Ils eurent 3 fils. Elle décéda à Cherbourg en 1847. Son fils ainé François hérita du domaine familial de sa grand-mère KERMADEC du Tromeur à Bohars dans lequel il naquit et décéda.
  • De l’union de Charles et Amélie de BLOIS naquit Louis François Le BIHANNIC de TROMENEC en 1836, polytechnicien de la promotion 56. Il fit une carrière d’officier dans l’artillerie. Capitaine en 67, il enseigne comme professeur à l’école d’artillerie. Probablement blessé en 70, il est affecté à l’état major en 71. Il rédigea une étude sur le réseau de chemins de fer français considéré comme moyen stratégique publié en 73 puis plusieurs autres textes notamment scientifiques. Il disparaitra vers 1880. Il semblerait qu’il ne se soit pas marié.
  • Sa sœur Alix née en 1840 épousa Charles Marie BOULLEVRAYE de PASSILIE. Ils eurent semble-t-il au moins une fille et sans doute un fils: Olympe qui épousa le comte de CIBON.
Ainsi les TROMENEC quittèrent Landéda au début du 19ème  et  devinrent parisiens au début du 20ème.